On ne va pas se mentir : tu peux avoir les plus belles Derby du quartier ou les sneakers les plus pointues… si tes lacets ressemblent à un vieux câble de chargeur, tout s’écroule. Les chaussures, c’est le socle. Les lacets, c’est le détail qui dit silencieusement : « Oui, j’ai fait attention. »
Bonne nouvelle : tu n’as pas besoin d’acheter une nouvelle paire pour upgrader ton style. Tu peux déjà faire beaucoup avec ce que tu as au pied, simplement en changeant la manière de les lacer.
Voici 7 façons d’attacher tes chaussures en restant stylé, sans tomber dans le cirque visuel. On parle d’élégance, pas de tuto pour festival de cosplay.
Pourquoi tes lacets en disent plus que tu ne crois
Un détail comme la façon de lacer tes chaussures en dit long sur ta personnalité :
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Lacets bâclés : « Je suis en retard sur ma vie entière. »
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Nœud trop serré : « Je gère tout, tout le temps… un peu trop. »
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Laçage propre, cohérent : « J’ai conscience de moi, mais je ne me prends pas pour un catalogue de mode. »
Tu n’as pas besoin d’un laçage compliqué. Tu as besoin d’un laçage qui correspond à ton style de vie, à ton type de chaussures… et à ton envie du jour. On va voir comment jouer avec ça intelligemment.
La base élégante : le laçage droit (pour Derby et Richelieu)
On commence par le plus essentiel : le laçage droit, aussi appelé laçage « bar » ou « européen ». C’est celui qu’on retrouve sur les chaussures habillées bien faites. Si tu portes des Derby, Richelieu ou mocassins à lacets, ce style est ton meilleur allié.
Pourquoi c’est stylé :
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Lignes horizontales nettes = impression de propreté et de symétrie.
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Met en valeur la forme du soulier plutôt que le lacet lui-même.
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Parfait avec un costume, un chino, ou un jean brut bien coupé.
Comment faire :
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Commence à l’intérieur en passant les deux extrémités du lacet dans les deux œillets du bas, pour qu’il forme une barre horizontale sur le dessus.
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Ensuite, tu fais monter chaque extrémité en alternance, à l’intérieur, pour ressortir toujours en face, de façon à ce que les barres restent horizontales et parallèles.
Le rendu est minimaliste, presque discret. C’est exactement ce qu’il faut sur des chaussures formelles comme celles de Crockett & Jones ou J.M. Weston.
Si tu devais ne garder qu’une seule façon de lacer tes souliers de ville, ce serait celle-là.
Le croisé classique, mais propre (sneakers et boots du quotidien)
Le laçage croisé, c’est celui que tout le monde connaît. Sauf que tout le monde le fait plus ou moins à l’arrache. Bien exécuté, il peut être très stylé, surtout sur des sneakers type Nike, Adidas ou sur des boots casual.
Pour le rendre élégant :
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Choisis des lacets adaptés : ronds et fins pour les boots, plats et légèrement épais pour les sneakers.
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Garde une tension régulière sur tous les œillets, ni trop serré ni trop lâche.
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Évite les énormes boucles qui pendent : si le lacet est trop long, fais un double nœud discret plutôt que de les laisser traîner.
Petit twist stylé : termine ton laçage en laissant le dernier œillet vide sur les sneakers montantes, pour donner un effet plus décontracté, surtout avec un jean légèrement cropped ou un pantalon qui laisse voir la cheville.
Résultat : un look simple, masculin, mais maîtrisé. On n’a pas besoin d’inventer la roue tous les matins.
Le laçage « hidden knot » : quand tu veux un dessus ultra clean
Le « hidden knot », comme son nom l’indique, consiste à cacher le nœud à l’intérieur de la chaussure. Visuellement, tu n’as donc que les barres de lacets apparentes, sans boucle ni nœud visible.
C’est particulièrement canon sur :
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Des Richelieu très sobres.
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Des sneakers minimalistes type Common Projects ou Axel Arigato.
Comment faire (idée générale) :
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Tu laces ta chaussure en laçage droit.
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Au lieu de nouer sur le dessus, tu gardes les deux extrémités à l’intérieur et tu fais ton nœud sous la languette, en veillant à ce qu’il ne blesse pas le dessus du pied.
À savoir : ce n’est pas la méthode la plus pratique si tu enlèves tes chaussures dix fois par jour. Mais pour une soirée, un événement, ou une paire que tu enfiles avec un chausse-pied, c’est parfait. C’est le genre de détail que personne ne remarque frontalement… mais que tout le monde ressent inconsciemment.
Le laçage « militaire » : soutien, robustesse et style brut
Si tu portes des rangers, des boots de travail type Red Wing, ou des bottines inspirées du monde militaire, le laçage « army » est une excellente option. L’idée : maintenir la cheville, éviter que les lacets se desserrent, et conserver une esthétique solide.
Le principe :
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Tu laces en croisé, mais à partir de la cheville, tu fais passer le lacet autour des œillets (ou des crochets), en formant une sorte de spirale qui plaque bien la tige de la chaussure.
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Tu termines par un nœud ferme, légèrement plus haut que d’habitude.
Pourquoi c’est intéressant :
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C’est plus fonctionnel si tu marches beaucoup, fais de la moto ou évolues en terrain un peu exigeant.
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Esthétiquement, ça donne ce côté « utilitaire » très masculin, sans être caricatural.
Avec un jean brut qui casse légèrement sur la boots, ou un cargo bien coupé, tu obtiens un look baroudeur propre. Pas besoin d’avoir fait l’armée pour s’en inspirer.
Le laçage « échelle » : original, graphique, mais encore portable
On commence à jouer un peu plus. Le laçage « échelle » forme des sortes de barreaux sur le dessus de la chaussure. C’est visuellement plus présent, donc à réserver à des paires plutôt casual : boots, sneakers montantes, grosses baskets.
Pourquoi ça fonctionne (quand c’est bien fait) :
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Structure visuelle intéressante, surtout sur des chaussures monochromes.
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Donne un côté « technique » ou légèrement futuriste.
Idée de réalisation :
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Tu passes le lacet horizontalement, comme pour un laçage droit.
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Puis tu fais remonter le lacet verticalement à l’intérieur, en le repassant sous la barre horizontale précédente, ce qui crée l’effet « échelle ».
À utiliser avec modération : sur des boots en cuir noir ou des sneakers blanches bien minimalistes, ça peut être très stylé. Sur une paire déjà très chargée, tu frôles l’overdose.
Le laçage « over-under » : pour un confort de dingue sur sneakers
Le laçage « over-under » (dessus-dessous) est un hybride entre le laçage croisé classique et le laçage droit. Il alterne les passages du lacet au-dessus puis en dessous, ce qui répartit mieux la pression sur le pied.
Pourquoi tu devrais l’essayer sur tes sneakers :
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Moins de points de pression sur le dessus du pied.
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Le laçage a tendance à mieux rester en place.
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Rendu visuel plus « clean » que le croisé classique.
En pratique :
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Au premier rang, tu passes au-dessus, comme d’habitude.
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Au rang suivant, tu passes en dessous des œillets.
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Tu alternes ainsi jusqu’en haut.
C’est une méthode que j’utilise beaucoup sur des paires de running ou de sneakers que je porte en voyage. Moins de frictions, moins d’ajustements à faire au cours de la journée, plus de temps pour regarder autour de toi plutôt que tes pieds.
Le laçage asymétrique discret : la touche perso subtile
Si tu as envie de quelque chose d’un peu différent, sans tomber dans le look « tutoriel TikTok », l’asymétrie légère est une bonne piste. L’idée est de casser un peu la symétrie parfaite, mais de manière quasiment imperceptible.
Quelques idées :
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Lacer une basket en laçage droit, l’autre en croisé, mais en restant dans les mêmes codes (mêmes lacets, même tension).
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Utiliser un laçage croisé, mais en sautant un œillet sur une seule chaussure, de préférence pas trop visible (proche de la cheville).
Résultat : il y a un petit truc qui change, sans que la plupart des gens sachent dire quoi. C’est un bon moyen de t’approprier une paire classique, surtout si tu portes des modèles très répandus (type Stan Smith, Air Force 1, New Balance 990, etc.).
Le nœud : là où tout se joue (ou se gâche)
On parle beaucoup de laçage, mais c’est le nœud qui signe la finition. Tu peux tout ruiner avec un nœud trop volumineux ou complètement tordu.
Quelques principes simples :
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Évite le nœud triple. Si tu dois le faire, c’est que tes lacets sont trop longs : change-les.
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Privilégie un nœud plat (le bon vieux nœud de lacet, mais bien fait) qui se place naturellement à l’horizontale, pas en diagonale.
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Serre suffisamment pour tenir, mais pas au point de déformer la languette.
Tu peux aussi faire un nœud simple et glisser les boucles à l’intérieur pour un effet encore plus épuré, notamment sur des sneakers minimalistes.
Choisir les bons lacets : la moitié du style est là
Tu peux avoir le meilleur laçage du monde, si ton lacet lui-même est fatigué, c’est peine perdue. Investir dans quelques bonnes paires de lacets, c’est comme investir dans de bonnes chaussettes : ça change tout, pour pas grand-chose.
À prendre en compte :
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La matière : coton ciré pour les souliers habillés, coton ou polyester solide pour sneakers et boots.
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La couleur : ton-sur-ton pour un rendu chic ; contrasté (lacets crème sur cuir marron, par exemple) pour un twist plus casual.
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La largeur : fin pour les chaussures de ville, moyen à large pour sneakers et boots.
Des marques comme Monsieur Lacets ou Laces Out proposent un bon choix de longueurs et de styles, sans te ruiner.
Quand rester simple (et quand se lâcher un peu)
Toutes les méthodes dont on vient de parler ne sont pas adaptées à toutes les situations. Comme pour les vêtements, l’important, c’est le contexte.
Rester sobre :
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Entretien d’embauche, rendez-vous pro important, cérémonie : laçage droit ou croisé classique, lacets fins, couleurs sobres.
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Chaussures habillées : évite les techniques trop « créatives » ou volumineuses.
Te permettre plus de fantaisie :
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Week-end, sorties entre amis, voyages : laçage over-under, échelle, asymétrie légère.
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Sneakers et boots casual : tu peux jouer avec la couleur des lacets, voire alterner deux couleurs si la paire s’y prête vraiment.
La clé, c’est la cohérence avec le reste de ta tenue. Si tu es déjà sur une silhouette chargée (imprimés, couleurs fortes), laisse tes lacets tranquilles. Si ta tenue est plutôt minimaliste, tes chaussures peuvent devenir le terrain de jeu.
Quelques habitudes à prendre pour garder du style jusqu’au bout des pieds
Au-delà des techniques, ce sont les petites routines qui font la différence au quotidien.
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Défaire tes lacets avant d’enlever tes chaussures : tu évites de massacrer le contrefort et de déformer la paire.
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Régler une bonne fois la tension : surtout sur les boots, trouve ton réglage idéal, puis ne joue qu’avec les deux ou trois derniers œillets.
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Changer de lacets dès qu’ils fatiguent : s’ils peluchent, noircissent ou se détendent complètement, c’est le signal.
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Adapter la tension à ton usage : un peu plus serré si tu marches beaucoup, plus lâche pour une journée en ville tranquille.
Comme souvent, ce n’est pas un « grand geste » qui transforme ton style, mais une somme de petits choix cohérents. Les lacets, c’est l’un des plus simples à ajuster, et pourtant l’un des plus visibles.
La prochaine fois que tu enfiles ta paire préférée, pose-toi la question : est-ce que la façon dont je les lace raconte la bonne histoire sur moi ? Si ce n’est pas le cas, tu as désormais plusieurs cartes en main pour y remédier… sans acheter une seule nouvelle paire de chaussures.


