Le style preppy, c’est un peu ce gars sur le campus qui a l’air d’avoir un oral de Harvard à 9h, un match de tennis à 11h et un verre dans un club très privé à 18h. Chemise impeccable, pulls en coton ou en laine fine, blazer bien taillé, chaussures cirées… Tout a l’air simple, mais rien n’est laissé au hasard.
Si tu t’es déjà demandé comment reproduire ce look sans avoir fait partie d’une fraternité américaine, tu es au bon endroit. Le preppy, ce n’est pas qu’un dress code de films de campus, c’est une esthétique que tu peux adapter à ta vie de tous les jours, que tu bosses dans un open space parisien, un cabinet d’architectes ou en full remote depuis ton salon.
Comprendre l’ADN du style preppy masculin
Les origines Ivy League : plus qu’un simple uniforme de campus
Le style preppy vient des campus de l’Ivy League (Harvard, Yale, Princeton, Dartmouth, Columbia, Brown, Cornell, UPenn). À la base, c’est un mélange de tenue universitaire, de sport chic (tennis, voile, golf) et de codes de la haute bourgeoisie américaine.
Ce qui est intéressant, c’est que le preppy n’a jamais été pensé comme “fashion” au départ. C’était du fonctionnel : s’habiller correctement pour aller en cours, se changer pour le club de voile, remettre un blazer pour un dîner. Et pourtant, cette approche a créé un style complet :
- des vêtements simples, mais impeccablement coupés ;
- des matières naturelles (coton, laine, cuir, tweed) ;
- des couleurs sobres, relevées par quelques touches plus vives ;
- un esprit très “propre sur soi”, sans être guindé au point d’étouffer.
Le preppy, aujourd’hui, c’est ce mélange de classicisme et de décontraction maîtrisée. Une chemise oxford peut autant t’emmener en rendez-vous pro que dans un bar à vin. Et c’est tout l’intérêt.
Les piliers du style preppy : propreté, structure, décontraction contrôlée
Pour décrypter le code vestimentaire des campus d’Ivy League, il faut garder trois mots en tête : sobriété, structure, cohérence.
- Propreté : pas de logo géant, pas de pièces destroy, pas de jogging mou. Même quand tu es décontracté, tu restes net.
- Structure : blazer, chemise, chino, pantalon en laine… Tes vêtements doivent garder une certaine tenue, même quand tu bouges.
- Décontraction contrôlée : on desserre la cravate, on retrousse les manches, on met des sneakers propres avec une veste en tweed. Le preppy ne doit pas ressembler à un costume trois-pièces coincé.
Si tu as déjà porté un chino beige, une chemise bleu ciel et un pull col V bleu marine, consciemment ou non, tu as déjà touché de près au preppy.
Les pièces essentielles du vestiaire preppy masculin
La chemise oxford : le socle du look
Impossible de parler preppy sans parler de la chemise oxford (OCBD – Oxford Cloth Button Down). C’est l’une des pièces les plus emblématiques du style.
- Coupe : droite ou légèrement ajustée, pas moulante. Tu dois pouvoir respirer.
- Matière : coton oxford, un peu texturé, ni trop fin ni trop lourd.
- Détails : col boutonné, poche poitrine, boutons en nacre ou imitation discrète.
Niveau couleurs, commence par un trio simple :
- blanc (indispensable) ;
- bleu ciel ;
- rose pâle ou rayures bleu/blanc.
Tu peux regarder du côté de marques comme Brooks Brothers (créateur historique du style campus américain), Ralph Lauren ou, plus accessible, des labels comme Uniqlo pour des basiques propres.
Le blazer bleu marine : la veste qui fait tout le travail
Le blazer bleu marine, c’est un peu le chef d’orchestre du style preppy. Une pièce qui structure n’importe quelle tenue.
- Coupe : cintrée mais pas serrée, épaules naturelles, longueur qui couvre les fesses.
- Matière : laine froide, flanelle légère, ou coton épais selon la saison.
- Détails : boutons dorés (très traditionnels, un peu plus “old money”), ou boutons ton sur ton pour un rendu plus moderne.
Avec un blazer bleu marine, tu peux :
- porter un jean brut et des sneakers blanches pour un vendredi au bureau ;
- assortir un chino beige et des mocassins pour un rendez-vous ;
- le combiner avec une cravate tricot et une chemise oxford pour un look très Ivy League assumé.
Le chino : l’allié du quotidien
Le chino, c’est la base “casual chic” du preppy. Une alternative moins formelle au pantalon de costume, mais plus habillée que le jean.
Pour coller aux codes des campus :
- Couleurs clés : beige, kaki, bleu marine, stone (beige très clair).
- Coupe : semi-slim ou droite, pas skinny, pas baggy.
- Longueur : cassure légère sur la chaussure, ou très léger “break” à la cheville pour un rendu moderne.
Un chino beige + chemise bleu ciel + pull col rond bleu marine = combo instantanément preppy, facile à reproduire, portable dans 90% des contextes urbains.
Les pulls : col V, col rond, cardigan
Les pulls jouent un rôle clé dans le layering preppy. Tu ne cherches pas la pièce statement, mais la pièce qui lie tout ensemble.
- Col V : parfait avec une chemise et une cravate. Très “business campus”.
- Col rond : plus décontracté, idéal le week-end ou au bureau sans cravate.
- Cardigan : donne un côté prof d’université ou étudiant studieux, selon comment tu l’assumes.
Niveau couleurs : bleu marine, gris, bordeaux, vert bouteille. Garde-les unis, tu joueras avec les motifs sur la chemise ou la cravate.
Les chaussures preppy : propre, classique, confortable
Les chaussures sont souvent le premier détail qui trahit un style. En preppy, on privilégie :
- Les mocassins (penny loafers, tassel loafers) en cuir marron ou bordeaux ;
- Les derbies, parfois en suédé, pour une touche plus douce ;
- Les sneakers blanches minimalistes, propres, type tennis (évite les gros logos sportifs).
Des marques comme G.H. Bass (pionnier des penny loafers), Sebago ou Common Projects (pour des sneakers minimalistes haut de gamme) incarnent bien cet esprit.
Les pièces sport chic : polo, rugby shirt, veste de sport
Le preppy, c’est aussi l’héritage des clubs sportifs des campus :
- Le polo : en coton piqué, coupe ajustée, portant parfois un petit logo (quand il est discret, ça passe). Ralph Lauren, Lacoste, Fred Perry… classiques.
- La rugby shirt : col blanc contrastant, rayures épaisses, matière plus lourde. Très américaine, très campus.
- La veste de sport type Harrington ou bomber léger : parfaite pour casser un peu le côté “premier de la classe”.
Portées avec un chino ou un jean brut, ces pièces ajoutent une dimension plus détendue au vestiaire sans quitter l’univers Ivy League.
Comment porter le style preppy sans ressembler à un costume de série Netflix
Adapter le preppy à ta vie (et pas l’inverse)
Tu n’as pas besoin de passer direct au blazer + cravate tricot + mocassins pour “être preppy”. La clé, c’est de saupoudrer ton style de ces codes, en fonction de ton quotidien.
- Tu bosses dans un environnement formel : blazer, chemise oxford, chino ou pantalon en laine, mocassins. Tu peux ajouter une cravate club (rayures diagonales) pour renforcer le clin d’œil Ivy League.
- Tu es en milieu créatif / start-up : jean brut, chemise oxford ouverte, pull col rond et sneakers blanches propres. Blazer en option pour un rendez-vous client.
- Tu es en télétravail : polo ou chemise en oxford, cardigan, pantalon chino confortable. Tu restes présentable pour les visios sans te sentir “déguisé”.
Le piège, c’est de vouloir cocher toutes les cases en même temps. Si tu mets blazer + cravate + mocassins + foulard + pochette, tu tombes vite dans le cosplay d’étudiant de série américaine.
Les couleurs : sobriété et nuances
Le preppy adore les couleurs, mais les travaille avec retenue :
- Base neutre : bleu marine, beige, gris, blanc, kaki.
- Couleurs “signature” : bordeaux, vert bouteille, jaune moutarde, parfois un rouge vif ou un rose pâle.
Un bon réflexe : limite-toi à 3 couleurs max par tenue (hors touches très discrètes). Par exemple :
- bleu marine (blazer) + blanc (chemise) + beige (chino) ;
- gris (pull) + bleu ciel (chemise) + bordeaux (cravate).
Cette sobriété donne un côté maîtrisé au look, sans qu’il paraisse ennuyeux.
Les motifs : rayures, carreaux, mais pas la foire
Les motifs preppy sont très codifiés :
- Rayures : chemises rayées, cravates club, chaussettes à fines rayures.
- Carreaux : tweed, tartan, Prince de Galles, souvent sur des vestes ou des pantalons en laine.
- Argyle : motif losange sur les pulls ou chaussettes (un peu old school, mais parfaitement assumable par petites touches).
Règle simple : un motif fort à la fois. Si ta cravate est rayée, garde la chemise unie, ou inversement. Si ta veste est en Prince de Galles, opte pour un pantalon sobre.
Les accessoires qui font basculer un look en mode Ivy League
Souvent, c’est l’accessoire qui fait passer une tenue “classique” dans le registre preppy :
- Cravate tricot : texture mate, forme droite, souvent en bleu marine, bordeaux ou vert.
- Ceinture tressée : en cuir ou en toile, très répandue dans les looks de campus.
- Montre simple : montre habillée sur cuir brun ou NATO rayée (bleu et rouge, par exemple).
- Sac : cartable en cuir, tote bag solide ou sac à dos en toile épaisse, type héritage.
- Lunettes : montures écaille ou rondes, très “étudiant sérieux” mais stylé.
Un look très basique (jean brut + chemise blanche + pull bleu marine) peut devenir beaucoup plus “Ivy” avec simplement une ceinture tressée, une montre classique et une paire de mocassins.
Preppy et masculinité moderne : rester soi-même dans un style codifié
Ce que le preppy dit (et ne dit pas) de toi
Le preppy a longtemps été associé à un certain milieu social : familles aisées, études prestigieuses, carrière planifiée. Difficile de faire plus codifié. Mais aujourd’hui, les cartes sont rebattues.
Tu peux t’approprier ce style sans cautionner tout l’imaginaire snob qui l’accompagne. C’est là que ça devient intéressant : utiliser ce code visuel fort, tout en y mettant ta propre histoire.
- Tu peux être très preppy… en venant d’un milieu populaire.
- Tu peux aimer les pulls col V… et être tatoué de la nuque aux chevilles.
- Tu peux porter un blazer de façon très sérieuse… ou totalement décalée avec un t-shirt de groupe de rock.
Le vêtement ne raconte pas toute ton identité. Il donne seulement un premier message. À toi de décider lequel.
Ajuster le curseur : entre classicisme et personnalité
La force du preppy, c’est sa base ultra-classique. Ça te donne un terrain de jeu solide pour injecter tes propres touches :
- un bijou discret (bracelet cuir, bague simple) ;
- un t-shirt graphique sous un blazer ;
- des chaussettes colorées qui cassent la rigueur d’un costume ;
- un hoodie en dessous d’une veste en tweed pour un combo “campus 2.0”.
Tu peux très bien garder la structure preppy (chemise + blazer + pantalon propre) et jouer sur les matières (denim, molleton, corduroy) ou sur certains détails pour raconter autre chose de toi.
Preppy au bureau, en date, en week-end
Le gros atout du preppy, c’est son côté caméléon. Quelques idées concrètes :
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Au bureau :
Chemise oxford bleu ciel, blazer bleu marine, chino beige, mocassins marron. Si l’ambiance est vraiment corporate, tu ajoutes une cravate club. Si c’est plus détendu, tu ouvres un bouton de la chemise et tu retires la cravate. -
En date :
Jean brut bien coupé, chemise blanche, cardigan bordeaux, sneakers blanches propres. Tu es nickel sans paraître trop préparé. Si le lieu est chic, remplace les sneakers par des derbies. -
En week-end :
Polo, chino kaki, veste Harrington, baskets type tennis. Confortable, mais très soigné visuellement.
À chaque fois, l’idée reste la même : des pièces simples, propres, dans de belles matières, que tu combines pour passer d’un registre à l’autre.
Construire ton vestiaire preppy : étapes, budget et erreurs à éviter
Commencer par un noyau dur de basiques
Tu n’as pas besoin de refaire tout ton dressing. Commence par 6 à 8 pièces clés que tu vas pouvoir mixer facilement :
- 1 blazer bleu marine ;
- 2 chemises oxford (blanc et bleu ciel) ;
- 1 chino beige, 1 chino bleu marine ;
- 1 pull col rond bleu marine, 1 cardigan gris ;
- 1 paire de mocassins marron ;
- 1 paire de sneakers blanches minimalistes.
Avec ça, tu peux déjà créer une dizaine de tenues différentes, du bureau au week-end.
Investir intelligemment : où mettre ton budget
Si ton budget est limité, mise en priorité sur :
- Le blazer : c’est la pièce qui structure tout. Une bonne coupe fera la différence.
- Les chaussures : des mocassins de qualité, bien entretenus, durent des années et tirent tout le reste vers le haut.
- Les chemises : une belle oxford garde une forme propre, même après plusieurs lavages.
Pour les pulls et chinos, tu peux commencer sur des gammes plus accessibles, et monter progressivement en gamme au fil du temps.
Les erreurs classiques qui tuent le style preppy
- Le fit approximatif : un blazer aux épaules trop larges, un chino qui flotte, une chemise qui tire aux boutons… Rien de tout ça ne passe. Le preppy repose sur la propreté des lignes.
- Les logos trop voyants : un petit cavalier ou un crocodile discret, ça va. Une poitrine recouverte de branding, non.
- Le sur-stylisme : tout cumuler – cravate, pochette, foulard, gilet, pins, etc. – donne un effet costume. Laisse respirer ta tenue.
- L’oubli de l’entretien : un blazer froissé, des chaussures non cirées, un polo délavé… Tu perds instantanément l’effet “propre, structuré” du preppy.
Aller plus loin : ressources, inspirations et repères
Si tu veux creuser encore davantage ce style, explorer les marques historiques et comprendre comment l’adapter à ta morphologie, ton environnement et ta personnalité, tu peux consulter notre dossier complet consacré à l’esthétique de campus dans notre article spécialisé sur le style preppy masculin et ses codes modernes.
Tu peux aussi t’inspirer :
- des lookbooks de marques comme J. Press, J.Crew ou Rowing Blazers ;
- des séries ou films de campus (en gardant en tête qu’ils exagèrent souvent les codes) ;
- de tes propres besoins : bureau, sorties, voyages, week-ends prolongés.
Le plus important, au fond, ce n’est pas d’être “preppy” au sens puriste du terme, mais de t’approprier ces codes pour construire un style qui te ressemble : structuré, soigné, mais vivant. Un peu comme un campus d’Ivy League, finalement : très codé en apparence, mais rempli de personnalités totalement différentes une fois que tu passes la porte.




